C'est l'histoire de quatre adolescents, deux filles et deux garçons qui s'enfuient de
leur orphelinat où on les séquestre et d'où ils ne sortent que trois fois par an pour aller voir les consoleuses. Ils découvrent qu'ils sont fils et filles d'opposants politiques assassinés quinze
ans plus tôt par la phalange qui sème une dictature dans le pays.
La phalange envoie Mills, un policier et ses hommes-chiens à leur poursuite dans la montagne. Les quatre
adolescents, avec le soutien des hommes-chevaux, vont se révolter et marcher sur les
traces de leurs parents. Tandis qu'un des garçons, Milos, est pris et envoyé dans un camp d'entraînement pour lutter à mort dans une arène, une des filles, Miléna, découvre qu'elle dispose de la
même voix que sa mère, Eva -Maria Bach. La révolte des hommes- chevaux a lieu le même jour que le combat d'hiver de Milos.
L'histoire est assez sombre, violente, le point de vue souvent interne. J'ai bien aimé ce livre car l'histoire est assez crédible, même s'il s'agit d'un récit d'anticipation. Il y a beaucoup de
sentiments mélangés : la peur, la joie, l'amour, la tristesse, la solitude, l'amitié.....
Voici un extrait significatif à écouter :
et un autre à lire :
"Elle résista une temps qui lui parut infini, mais peut-être était-ce seulement
une heure, et elle résolut de craquer la première allumette. Elle en brûlerait une après chaque visite, une par jour donc, ainsi elle ne les gaspillerait pas trop vite. Elle se leva et tira sa
couchette jusqu'au mur du fond. En se tenant debout dessus, elle se trouvait tout près de la poutre dont on lui avait parlé... Au moment de frotter la petite boule de soufre sur le côté de la
boîte, elle eut une angoisse soudaine : et s'il n'y avait rien sur cette poutre? Ni ciel et ni nuage? Ni dessin d'aucune sorte? Quelle déception ce serait ! Et s'il y avait quelque chose, est-ce
qu'elle le verrait seulement sans ses lunettes? Elle hésita quelques secondes, puis se décida finalement. L'allumette s'enflamma du premier coup, et Catharina fut stupéfaite de voir à quel point
elle parvenait à éclairer le cachot tout entier. Elle leva son bras tremblant vers le poutre et elle vit.
Oui, il y avait un bout de ciel peint sur le bois à demi-moisi. Il ne mesurait pas plus de trente centimètres sur quinze et le bleu azur avait sans doute pâli, mais c'était un ciel, assurément! On
le voyait au nuage qui complétait le dessin, sur la gauche. [...] Catharina observa,fascinée. Il lui sembla que la vue de ces couleurs, même dans le floue de sa myopie, l'arrachait au ventre sombre
de la terre et la ramenait à la vie d'en haut, il lui sembla que le vent soufflait dans ses cheveux, que le sang coulait à nouveau dans ses veines.
Le noir soudain revenu et la vive brûlure au bout de ses doigts la ramenèrent à la réalité : elle venait de consumer sa première allumette. Il n'en restait plus que sept désormais. Mais qu'importe,
elle avait vu le Ciel, et elle en était plus forte. Elle se recoucha pleine de courage."