et ce roman publié chez Grasset en porte clairement la marque. Dédié "à mes fantômes" par Grimbert, c'est un roman à la première personne où le narrateur, Loup,
raconte sa propre existence en partant non pas de sa naissance mais de sa rencontre au jardin public du petit Mando qui
devient à partir de ce jour-là son meilleur ami. Or le récit s'attache de façon insistante
aux petites lâchetés du narrateur, à ses infidélités, à ses ambiguës accointances
avec la mort des autres ou à ses trahisons et l'on peine à en saisir la raison. Au fil du temps, les intérêts de Loup (pour la psychanalyse) et de Mando
divergent, ils se voient moins jusqu'au jour où Loup reçoit un appel désespéré de Mando. Il le retrouve transformé, devenu fantôme de lui même, au bord du suicide. Loup retarde le geste fatal par
un long face à face où il apprend que déjà dans leur enfance, Mando avait fait une crise lorsque Loup lui avait fait faux bond pour aller en colonie de vacances mais ce face à face ne constitue
qu'une suspension provisoire d'un acte décisif qui livre le narrateur aux remords et aux interrogations sans réponses.