Il y a beaucoup de livres que je pourrais vous recommander ici mais je choisis celui-ci car ce tout petit livre de 175 pages publié désormais en Livre de poche est à
mon avis un vrai grand livre qui ne peut pas laisser indifférent.
Les deux premières phrases : "C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise."
La simplicité de l'illustration de première de couverture (de Philippe Claudel lui-même) comme de ces premières phrases est à l'image de l'écriture de Philippe Claudel dans tout le livre,
simple et pure.
Dès ces premières phrases vous voilà embarqué avec ce vieil homme qui paradoxalement s'impose à vous dans sa fragilité de vieil homme en errance, exilé, porteur de deux trésors étonnamment légers.
Jusqu'aux dernières phrases, vous êtes tenu en haleine par cet énigmatique trésor de M. Linh.
Surtout, d''un bout à l'autre du livre, Philippe Claudel vous fait découvrir et aimer le vieil homme, son histoire, sa lutte présente dans un monde qu'il traverse, fait d'amitié, d'humanité
croisées au hasard et d'indifférence aussi.
Et la chanson du vieil homme à l'enfant colore d'une douce espérance la mélancolie du récit :
"Toujours il y a le matin
Toujours revient la lumière
Toujours il y a un lendemain
Un jour c'est toi qui seras mère.'
Un livre intense, à ne pas manquer, à lire à partir de la troisième.